Fin de journée.

Interro ratée.
Je rentre chez moi, pousse la porte. Je ne sonne même plus, on ne me répondait pas. Noisette se frotte contre mes jambes, et manque de me faire tomber. Mes muscles, ankylosés par le froid, me poussent à m'affaler sur mon lit, rare lieu de réconfort qui m'acueille. La pluie, impertinente, continue à marteller violemment le verre des vitres. Un bateau-mouche passe sous ma fenêtre. Un vieil homme joue de l'acordéon, en espérant recevoir une pièce, ou deux. Peine perdue: les rues sont désertes. Pensée inévitable pour lui.
Je me relève, j'ouvre mon sac et mon livre de maths. Encore des exercices. Hâte de passer en L. Hâte de ne plus avoir à subir le sourcil froncé du professeur, hâte d'en finir avec ces leçons où l'élève, derrière les barreaux, attend sa peine. Je regarde ces chiffres incompréhensibles: pire que le vocabulaire. thalès se doutait-il, en faisant ses calculs, que des générations d'enfants immaculés griffoneraient des feuilles entières afin de comprendre son théorème qui, pourtant est "niveau quatrième hein!".
Non, certainement pas.
Mais dans un sourire sadique, on peut peut-être déceler une pointe d'incompréhension: ce professeur ne comprend-t-il pas la peine que j'ai à comprendre? Ne voit-il pas que je sue, corps et âme, à dénicher une foutue parallèle? Non, il ne le voit pas.
Je referme le livre des tortures.
J'abandonne, encore une fois.

# Posté le jeudi 02 octobre 2008 12:34

Vocabulaire

La pluie ruisselait contre le carreau gelé. La brume légère laissait apparaître la Seine qui sillonait la ville, tel un serpent surprenant sa proie. Je ferme les rideaux. Une interro de vocabulaire demain. Pourtant je n'en connaît même pas la moitié. J'ouvre le livre, et mon regard se pose sur cet enchevêtrement des lettres, et mon oeil parcourt la page, à l'affût d'une phrase que je connaîtrai. Pas moyen. Je referme le livre, je sors de ma chambre et me dirige vers la cuisine. J'allume la cafetière, et regarde mon chat, Crumble, jouer naivement avec sa propre queue. Naif... Depuis longtemps, je rêvais de l'être. Afin de ne plus avoir à me soucier des problêmes, des autres, du temps... Lorsque j'étais en primaire, les jours passaient, et je vivais ma vie, faisant mes devoirs le soir, et ensuite, jouant dans le jardin, aux espions. les jours passaient, et se ressemblaient tous. Pourtant, ces jours-là, on les regrette, on les envie, et on sait que jamais plus on ne les retrouvera.
La télévision était réstée allumée. Encore une émission de télé-réalité. On n'en finit plus: le peuple en rafolle. Alors, on lui donne, on l'engraisse, on renouvelle l'emballage, mais le produit reste le même.
L'eau est chaude: je sors une tasse, verse doucement le thé dont les volutes des feuilles sèches s'échappent et s'entremêlent dans un ballet merveilleux. Quatre sucres. C'est comme ça que je l'aime. Tiens, la télévision nous laisse le choix de prendre autant de sucre que l'on veut. Bizarre, on nous alisse le choix?

Crumble retourne sa tête grassouillette vers moi, et trotinne doucement sur le parquet, jusqu'à atteindre mes pieds. Puis il pose ses fesses par terre, et me fixe d'un air suppliant. Le bruit de succion provoqué par l'ouverture de la porte du frigo sert d'aimant. Un surimi? Ca devrait faire l'affaire. Je retourne dans ma chambre, j'ouvre mon livre de vocabulaire, et je sirotte ma tasse de thé. Et la pluie ruisselait contre le carreau gelé.
Vocabulaire
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# Posté le mercredi 01 octobre 2008 16:27